Trio féministe à Marseille

IMG_2534Le 24 mars 2022, Aglaé & Sidonie m’accueillait à Marseille aux côtés de Virginie Jortay et de Reine Prat pour présenter nos trois livres (La douleur impensée, autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes” », « Ces enfants-là », « Exploser le plafond, précis de féminisme à l’usage du monde de la culture »). Au-delà de la présentation, ce trio s’est livré  au jeu des expériences et émotions croisées de l’écriture. Accompagné par le piano de Nathalie Négro, notre féminisme s’est manifesté librement en rencontrant un public très varié et enthousiaste.

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu partager ce moment ou pour les présent·es qui souhaitent réécouter :

Retour sur quelques mots

Virginie Jortay a choisi le roman pour disséquer les impacts de la libération sexuelle sur les enfants et notamment, angle inédit, l’inceste maternel. Reine Prat a privilégié l’essai pour ausculter le monde des arts et de la culture au prisme des inégalités de genre et de race. Pour ma part, j’ai opté pour l’autopathographie dans le but d’autopsier la santé à travers le vécu d’une maladie impensée, la fibromyalgie. Cette aventure commune dépasse le simple « point de ralliement » (des amies communes), ou un point de rencontre (trois parcours d’écriture), pour atteindre un croisement peu banal de nos radicalités, chacune prenant sa source dans le féminisme. En nous lisant, relisant, aidant mutuellement, nous avons simultanément exprimé notre besoin de lier expérience intime et politisation des sexualités, de la culture, de la santé. Notre envie conjointe de transmettre les savoirs acquis (vécus d’une enfance à la fin des années 1960, de l’observation des inégalités femmes/hommes dans la culture, de la maladie), nous a permis de mettre des mots sur des violences réelles – sexuelles, psychiques mais aussi épistémiques (domination par normes de connaissance interposées incluant racisme, sexisme, classisme, validisme, élitisme/entre-soi…) – et leurs pendants, l’impunité de leurs auteurs et l’invisibilisation des victimes.

Dans la joie, la bonne humeur et avec générosité, nous avons révélé une identité collective. À défaut de  refaire l’histoire, chacune a eu à cœur de tisser des liens, d’inclure ce qui est exclus en raison de clichés ou de stéréotypes : penser les violences sexuelles banalisées de l’après 68, pointer la place et les représentations minorées des femmes et des racisé·s dans la culture et « à la ville », rendre compte de la création d’ignorance de genre de la médecine et plus généralement des professions de santé. Nous avons réussi à  distiller chez chacune d’entre nous un grand souffle de liberté qui s’exprime tout au long des trois ouvrages et que nous avons partagé avec le public.

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