Le ressentiment fait partie de ma vie de malade. Il se manifeste par une série d’affects intrusifs qui servent à ne pas agir et demandent beaucoup. Il est entretenu par un ensemble de systèmes de domination et d’exclusion. Il m’éloigne de ce que je suis. Il empêche que je me transforme d’objet en sujet. Mais le ressenti ment sur mes capacités d’agir. En écrivant, en prenant la parole, je le complexifie au point de produire une autre compréhension du monde et de gagner une grande liberté.
Rancœur, rancune, aigreur, amertume, frustration, jalousie, haine, déception, tristesse, colère, désir de me venger… La liste des émotions qui me traversent, notamment après une consultation médicale ou un rendez-vous à la sécu, à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), après la lecture d’un article dans la presse ou le visionnage d’un reportage à la télé sur les douleurs chroniques, ou encore après une discussion avec un membre de ma famille, un·e ancien·ne collègue ou un·e ami·e sur mon état de santé, est longue. Leur ignorance me rend impuissante et je m’énerve. Plus je m’énerve plus ces émotions redoublent. Leur fréquence est incommensurable. Le nombre de fois où mes besoins sont insatisfaits, qu’on me fait du tort, que je reçois des affronts en pleine figure, que je subis des violences, que les traumatismes vécus dans les lieux de santé ressurgissent, est lui aussi incommensurable. Avant de me rendre à un rendez-vous médical, mon appréhension est totale : j’imagine toutes les réflexions désagréables qui m’attendent. « Vous n’avez rien. C’est dans votre tête. » « Tous vos examens sont bons, je ne peux rien pour vous, il reste la psychiatrie… » « Vos oppressions thoraciques sont liées à vos angoisses. Rien à voir avec le cœur ! » « Si vous ne prenez pas de médicaments c’est que vous n’avez pas vraiment mal. » « On va prévoir une anesthésie générale, c’est mieux vue votre très grande anxiété. »
Je rumine, je ressasse ces affects. Iels me happent. Iels habitent mon quotidien. Ils me vampirisent au point que la frontière entre médical et non médical se désagrège. Et ça dure. Leur manifestation ne s’arrête pas après un temps, contrairement à la colère, explosive, ou à l’indignation, factuelle. Je n’arrive pas à les apaiser tant je me sens trahie. Enfin, pas immédiatement. Il m’est difficile d’oublier ou de surmonter les situations à leur origine. Il y a quarante ans, un neurologue m’a prescrit du Valium pensant calmer mes symptômes, sans prévoir de l’arrêter. Trente ans plus tard, une autre a essayé le Rivotril sans tenir compte de mon désir le plus grand de me débarrasser du Valium et plus généralement des anxiolytiques. Aujourd’hui, les neurologues qui me suivent s’accordent pour dire que je ne pourrai jamais en être sevrée sous peine de voir apparaitre d’autres symptômes. À la pharmacie, à chaque fois qu’une employée lit mon ordonnance à haute voix, les bras m’en tombent. J’ai honte. J’ai envie de me dissoudre dans le sol. J’ai peur que toute la population à l’intérieur de l’officine et, par effet bouche-à-oreille tout le village ou tout le quartier, me prennent pour une dingue ou une alcoolique.
Je vis un paradoxe permanent. J’agis contre la maladie[1] mais ces émotions inhibent mon action. Elles sont là pour que mon action se concentre à persister dans l’état qu’elles provoquent plutôt qu’à les soulager. Elles s’autoalimentent. Il n’est pas rare que mon action se focalise sur la vengeance que je pourrais échafauder plutôt que sur la volonté de m’extraire de cet état. Les neurologues et leur Valium et Rivotril, l’anesthésiste qui a écrit en capitales rouges le mot « anxiété » en travers de mon dossier ou encore le rhumatologue qui voulait m’envoyer en psychiatrie font partie de mes cibles. Si je pouvais, je les poursuivrais en justice. Et je ne le fais pas. Je ne le fais d’autant pas que je suis leur proie. Le faire pour d’autres ne me poserait aucun problème. Je suis obnubilée par la réparation de l’injustice que je subis mais la torture morale que je vis s’entretient au fur et à mesure que je trouve des justifications à mon impuissance. Je suis prise dans un tourbillon, celui d’un mécanisme rodé. Rongée de l’intérieur, j’organise ma vie autour de ces erreurs médicales, de ces jugements arbitraires, de ces mépris. Je me rends sans cesse victime alors que je déteste ça. Je me réfugie dans une position défensive perpétuelle sans que j’aie choisie. Ma pensée se brouille, monopolisée par les affects qui structurent ce mécanisme. Je suis sur la défensive au point de m’oublier.
Alors je cherche à mettre des mots sur ce fonctionnement. Quel mot pourrait bien recouvrir l’ensemble de ces affects ? Mon cerveau met du temps à le trouver comme si un barrage infranchissable l’en empêchait. Et le mot tombe. Ressentiment.
Je me mets immédiatement en quête. Comme d’habitude. J’écoute, je lis, je me documente, j’ausculte les dictionnaires[2]. À l’image de ce que j’ai pu écrire sur la ré-adaptation et la ré-éducation, j’explore l’étymologie du mot ressentiment. Re-senti-ment. Re, répétition ou intensité. Une boucle sans fin. Sentir, du latin sentire, éprouver, percevoir. Les affects. Ment, du latin mentum, action. Je retrouve les racines de mon paradoxe. Je suis ravie et je me demande : est-ce que mon ressenti ment ?
Je procède par étapes. Je décris mon désir de vengeance, j’inspecte les impacts sur ma santé physique et mentale du contexte où ce ressentiment prend racine, et je reconquière ma liberté.
Le désir de vengeance
J’en veux à la terre entière. « Personne ne m’aide. » « Personne ne comprend ce que je vis. » J’ai envie de disqualifier, d’abaisser, de rejeter, de punir, d’attaquer voire de détruire (voir disparaitre) des rivaux. Il y a toustes ces médecin·es qui ont prescrit ce qu’ils voulaient sans mon accord et m’ont rendue malade, accro à des médicaments et à mes terreurs. Il y a les institutions, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou la MDPH, qui ne reconnaissent pas les douleurs et fatigues chroniques dont je souffre comme une maladie, voire même les algologues comme des médecin·es, et refusent de m’accorder des cartes qui me permettraient de stationner sur une place « handicapée » ou de bénéficier d’un accès prioritaire dans les lieux publics. C’est mesquin d’autant que, en revanche, la CPAM me mettra en invalidité à vie, alors que j’ai cinquante-cinq ans, pour me faire sortir des chiffres des indemnités journalières. Cela aura un effet délétère sur ma pension de retraite. Il y a… un ancien collègue qui ignore délibérément ce que je ressens, qui m’humilie parce que je n’arrive pas à retenir ce qu’il vient de dire. « Tu n’écoutes pas en fait. » « Si, mais mon cerveau zappe très vite. C’est à cause de la fatigue. » Je le fais répéter. Il s’exécute. Rien à faire, je ne retiens pas. « Alors c’est grave, dit-il, c’est Alzheimer. » C’est méchant. Pas très intelligent non plus. Il y a un membre de ma famille qui ne comprend rien, se sent démuni et qui alors emprunte le chemin de la pitié. « À chaque fois que j’ai mal quelque part plus d’un jour, je pense à toi. Je me dis “la pauvre”… ». C’est exaspérant. Il y a toustes celleux qui ne m’écoutent pas. C’est lassant.
Cette chanson de Charles Trenet résonne dans ma tête. « Vous qui passez sans me voir… Vous, qui passez sans même me dire bonsoir… Donnez-moi un peu d’espoir ce soir… J’ai tant de peine… Vous, dont je guette un regard… Pour quelle raison, ce soir passez-vous sans me voir… Un mot : je vais le dire : “je vous aime”. » Ces quelques vers incarnent un manque, d’attention, d’amour, de soutien, que j’essaie à tout crin de cerner. Il est devenu tellement banal. Mais aussi la peur permanente de perdre quelque chose, mon corps, mon intégrité, mon cerveau, ma pensée, et par voie de conséquence qui j’aime ou cellui dont je voudrais être aimée, ou au moins reconnue. C’est triste et dur.
Alors, avec tous mes rivaux, j’entretiens une compétition vaine, imaginaire. Cette confrontation me donne l’illusion de gagner un peu de fierté. J’éprouve tellement le besoin de me valoriser, d’exister, de combler ce manque, d’enrayer cette peur, d’obtenir une reconnaissance ou une réparation. Cette concurrence m’apporte une légitimité. Je m’accroche à mon imaginaire. Alors, j’aime m’inventer une supériorité, en m’opposant ou en rejetant l’autre – le proche, l’institution, le médecin, le collègue – à l’origine de mon mal. Je le pense plus heureux, plus puissant ou plus accompli. Et je rectifie immédiatement : il a obtenu le statut que je lui attribue en corrompant son entourage, en trichant, en spoliant le travail des autres, en abusant de plus fragiles que lui, en s’appuyant sur les relations hiérarchiques pour assurer ses arrières, en n’ayant pour seule stratégie d’intégrer une élite sachante et dominante, en faisant l’impasse sur lui-même. Tout cela est superficiel, n’est qu’apparence. Moi, je suis intègre et entière.
Cette envie de destruction se retourne parfois contre moi. Elle oblitère une blessure profonde, une souffrance et une douleur intérieures féroces, honteuses. Je m’en sens coupable. Je suis encouragée à cultiver cette culpabilité. Mon médecin traitant commentera une de mes fractures : « Vous, vous faites jamais les choses à moitié », comme si j’avais fait exprès de tomber. J’ai le sentiment d’être parfois incapable d’agir contre ce qui m’a blessée et me blesse encore, de ne pas avoir su obtenir cette réparation tant attendue, d’avoir cédé aux injonctions des un·es et des autres, d’avoir échoué à être cette personne que j’aurais pu être si je n’avais pas été malade, d’avoir laissé l’autre prendre la main sur mon destin. Je me relis : « Comme pour la plupart des fléaux – viol, féminicide, sida… –, il convient de “soutenir les victimes” en leur conseillant de cultiver leur “estime de soi”, de “travailler le deuil”… plutôt que de désigner, juger et sanctionner les coupables : les politiques publiques de santé ignorantes, la libéralisation et la financiarisation du système de santé, le corps médical sexiste, la culture ambiante culpabilisante. Cette logique fait des “victimes” les seules coupables. »[3] J’ai eu beau écrire sur le déplacement délibéré du curseur de la culpabilité, je tombe dans le panneau à pieds joints. Je vis une double peine, celle d’être malade et celle d’être déplacée.
Ce que demande le ressentiment
Le ressentiment demande des efforts. Sans fin. Au fur et à mesure que le temps passe – je ne saurais dire quand tout cela a commencé, à ma naissance ?, plus tard ?, quand j’ai été diagnostiquée ? –, un gouffre se creuse entre ce que je ressens et ce que j’exprime. Malgré les efforts que je déploie pour le combler, les tentatives de recul qu’il m’arrive de prendre, les analyses que je peux en faire, j’ai encore l’impression de ne pas pouvoir me faire entendre librement. Ma frustration se nourrit goulument. Elle se cumule avec le manque et la peur. Parfois, je préfère me taire face aux rivaux. L’affrontement est tellement fatigant qu’il est contreproductif.
Les systèmes qui érigent des normes dont l’objet est d’interdire l’action sont si nombreux qu’ils m’exténuent. Une amie proche me confiera alors que je l’informe par téléphone de l’abandon d’un projet d’édition : « à chaque fois que je t’ai, j’ai l’impression que t’es un peu au fond du trou. » Elle croit m’encourager à changer d’avis. Elle m’enfonce. Mes rivaux abusent et abusent encore de ces normes. Ils m’obligent à ré-agir, plutôt qu’agir, à sortir du trou plutôt qu’à l’éliminer. Alors, il arrive que je cumule les « auto » : auto-empoisonnement psychologique, auto-censure, auto-mutilation, auto-contrôle, auto-inquisition, auto-exclusion. Cela me pèse terriblement moi qui milite pour l’auto-nomie a l’envi.
Je me sens colonisée : comme les personnes sous colonisation, je suis spectatrice plutôt qu’actrice de mon propre destin, de ma propre aliénation et de ma propre spoliation, à défaut d’être financière ou territoriale, quoique, au moins épistémique. Mon vocabulaire est appauvri, mes représentations biaisées, mon imaginaire déformé, mes savoirs pulvérisés. Là aussi, j’ai beau étudier les mécanismes de la colonialité numérique[4], les violences et la dépendance qu’elle produit entre dominants et dominé·es, l’entre-soi qu’elle privilégie sérieusement, je suis prise au piège. Je rejoins la cohorte des subalternes. C’est insupportable. Comme elleux, j’ai du mal à passer du statut d’objet, auquel les normes sociales et les institutions (corps médical, système de santé, corps enseignant, médias, numérique, culture…) m’assignent, à celui de sujet. J’ai du mal à m’accorder de la reconnaissance. En situation de vulnérabilité, il m’est difficile de dire non à la morale dominante. Écrasante.
En tant que subalterne, un système de domination complexe met tout en œuvre pour m’extraire du politique, de la politisation de la maladie. Une amie malade vit la même chose : « Moi je pense accepter un rapport de domination jusqu’ici. Donc à être d’accord, à prendre les médicaments qu’on me donne etc., à écouter la parole… »[5] Ce système regroupe un ensemble de « ismes », d’idéologies, qui m’incite à me résigner.
Le paternalisme, tout d’abord. Il est si prégnant qu’il réussit à me réduire à un état de mineure civique, me transforme en chose incapable d’agir ou de penser par moi-même, m’immobilise, me convertit en victime sans droit à la révolte. Alors que je questionnerai un praticien de médecine chinoise traditionnelle sans chercher à le mettre en défaut mais plutôt à comprendre ses conclusions, il assénera : « Je n’ai aucun compte à vous rendre. Vous n’avez pas tous les éléments nécessaires à la compréhension de ma pratique. On ne peut pas tout savoir ni tout maîtriser. En tant que praticien, j’ai cette expertise, pas vous. » Mes savoirs propres ne comptent donc pas. Un chirurgien géant me raccompagnant à l’accueil de son service hospitalier, sa main gauche sur mon épaule droite, voudra me rassurer alors qu’il a si peu expliqué son intervention à venir : « Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. » Je me suis sentie ridicule, en taille et en puissance. Je m’atèle à combattre cet « isme » depuis l’adolescence. Mais au prix de quel effort ?
Ensuite, il y a les sexisme, racisme, classisme, et leurs préjugés. Ils ont tellement la dent dure, sont tellement envahissants, que tenir bon est laborieux. Les médecin·es ne me demandent jamais d’où je viens, quels métiers je pratique, quels sont mes loisirs… Au mieux, iels les imaginent, sinon iels s’en moquent. Iels n’ont pas le temps. Iels sont convaincu·es que ces informations n’influent en rien leur pratique. Alors qu’iels ne me connaissent pas, iels ébauche d’emblée mon profil. En tant que femme, d’un âge avancé, au teint mat, je suis geignarde, peu coutumière des avancées technologiques, un peu bête, à coup sûr pas à leur niveau, pas capable d’entendre des explications poussées. Je ne les contredis pas, ravale ma hargne, mange la confusion dans laquelle iels me plongent, faute de temps…
Et puis, le validisme s’en mêle. Les luttes de pouvoir entre valides et invalides sont omniprésentes. Une voisine de chambre d’hôpital m’invectivera face à ma volonté de me reposer : « On ne peut pas rester toute la journée au lit quand-même ; c’est se laisser dépérir. » Un membre âgé de ma famille, refusant de se plaindre, en faisant un principe, me persuadera : « Faut positiver chaque jour. » Ces injonctions me laminent. Me rendent la vie impossible.
Les systèmes d’exclusion, de deshumanisation, n’aident pas davantage. Je me relis une nouvelle fois : « À tout instant, l’éventualité de me sentir comme n’étant qu’une moitié d’humain ou une de ses portions est manifeste. Si je reste repliée sur cette hypothèse, j’ai peur, je me sens honteuse. M’en abstraire réclame paradoxalement de révéler mon “intime”, de sortir de moi. […] Aussi, cette étape qui consiste à s’extraire, au-delà d’être mystérieuse et tabou, est difficile. […] Elle demande de déployer une force, celle d’être habitée par la conviction que partager mon expérience est indispensable à la diminution de la douleur et à l’apesanteur de la fatigue. »[6] Il n’est pas si simple de dévoiler son intime, de passer outre les interdits qui me sont imposés. Cela demande un travail, qui m’extirpe du magma commode de la plainte, qui participe à mon existence dans le monde. Il demande en particulier de passer à l’acte de l’écriture et de la prise de parole. Une autre amie malade expliquera l’importance du récit personnel : « Puisque la médecine n’a de cesse de nous déposséder, de nous infantiliser, de nous réduire à des organes, des examens, le récit refait du lien, on refait corps, on refait corps avec nous-mêmes, corps avec les autres. Et pour faire face au corps médical, tu vois, c’est presque un petit corps à corps qui se joue. »[7]
Garantir ma liberté
En écrivant ce texte, je continue un travail entamé avec l’apparition de la maladie. Je démontre que c’est difficile mais pas impossible. Alors, en plus de me faire plaisir, je réponds à la première question que j’ai posée : « est-ce que le ressenti ment ? » Oui. Formellement. Il me ment. Il ment au moins sur mes moyens et façons d’agir. Il corrompt ma compréhension du monde. Il tente de voler mon autonomie.
Aussi, je m’emploie à mettre des mots sur la culpabilité qui m’étreint, sur les sentiments qui déforment la réalité des rapports de force. J’entreprends de décrire clairement ce qui nourrit ma souffrance. Je n’attèle à désigner ou à dépeindre les mécanismes d’autocensure ou de déni. Je m’efforce à critiquer les corps professionnels et les institutions dans le but de m’extraire de leurs dictats, normes, cadres et lois. Je rejette les modèles et leurs maîtres. Je déjoue les représentations dominantes par la description des miennes. J’enrichis le vocabulaire général de la douleur par mes propres mots. Je me délecte à dire ce qui est tu. Je m’applique à déceler et à représenter les savoirs acquis par l’épreuve. Je m’empresse à sortir de l’ombre dès que possible. Je me régale à réserver une place à ma parole et à mon écoute. Par toutes ces actions, ces actes de résistance, je peux devenir sujet et transformer mon ressentiment en une compréhension à la fois plus nuancée et plus complexe de moi et des autres. Je m’offre ainsi une grande liberté.
Joelle Palmieri
30 juin 2026
[1] Je souffre d’un cavernome (malformation vasculaire) sur le tronc cérébral et de fibromyalgie. J’en parle à travers une autopathographie et une série podcast féministes, « La douleur impensée ».
[2] La littérature précise que le concept de ressentiment est emprunté à Friedrich Nietzsche (La Généalogie de la morale, Traduction par Henri Albert, Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 11, Mercure de France, 1900 [1887]), repris plus tard par le philosophe et sociologue Max Scheler (L’homme du ressentiment, Gallimard, 1958 [1912]), par beaucoup d’autres philosophes dont Gilles Deleuze (Nietzsche et la philosophie, Presses Universitaires de France, 1962), Cynthia Fleury (Ci gît l’amer – Guérir du ressentiment, éditions Gallimard, 2020) et des psychanalystes dont Sigmund Freud, Mélanie Klein (Envie et Gratitude, traduit de l’anglais par Victor Smirnoff, éditions Gallimard, p.17-18, 1978 [1957]), Jacques Lacan.
[3] Livre « La douleur impensée, op. cit., p. 128.
[4] La colonialité numérique peut se définir comme l’ensemble des rapports de domination créés par la reproduction patriarcale de la mondialisation, du capitalisme et de l’occidentalisation, et auparavant du colonialisme, qui est aujourd’hui largement renforcé par le numérique. J’ai eu l’occasion d’évoquer ses déclinaisons dans le système de santé lors d’un panel de la conférence internationale Afroeuropeans « Défis intersectionnels dans les communautés afro-européennes ». « Racisme, colonialité… les invisibles de la santé », 23 septembre 2022.
[5] Extrait du premier épisode du podcast « La douleur impensée », Créer un langage de la fibromyalgie.
[6] Livre « La douleur impensée, op. cit., p. 94.
[7] Extrait du sixième épisode du podcast « La douleur impensée », Valoriser les savoirs des patientes et imaginer des alternatives.

J ai beaucoup aimé ton texte Bise amicale Isa
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Merci Isabelle!